Origines des Patronymes

Cette page est le fruit de mes recherches sur le net où j'ai glané ça et là un peu d'histoire

sur les patronymes ainsi que sur leur origine.

Dernière mise à jour le... 11 octobre 2008


UN PEU D'HISTOIRE

Le besoin d'identification au sein d'un groupe restreint conduit à un nom individuel simple, une sorte de prénom puisé dans les éléments naturels ou dans la tradition. C'est encore le cas des Touaregs, des Esquimaux ou des Pygmées. On y accole parfois le nom du père et un surnom. En France au IXe siècle, on associe un deuxième qualificatif d'ordre géographique, professionnel ou physique. Pour ce nom, la parenté entre en jeu et devient un nom de famille. La voie patrilinéaire ne l'emporte totalement qu'avec le Code civil en 1803. Ce n'est pas le cas partout : en Espagne, l'enfant reçoit le nom du père et de la mère.

Etablie en 1539, l'ordonnance de Villers-Cotterêts décrète le français comme langue officielle, après le latin qui n'était utilisé que par les lettrés et le clergé, et oblige les curés à tenir le registre paroissial des naissances et des décès. Depuis cette date qui a fixé les patronymes, on estime que leur nombre ne cesse de s'éroder malgré les variantes qui se créaient lors d'un changement de région et malgré les apports étrangers par extension des frontières et l'immigration. Les décomptes sont en fait difficiles. C'est ainsi qu'on a compté 489 000 patronymes au tournant du siècle alors que les annuaires de France télécom en recensent aujourd'hui 800 000 différents.

La disparition d'un patronyme et le renforcement d'un autre obéissent à des phénomènes divers. Une première catégorie de noms, les moins représentés bien que d'origine ancienne, correspond à une émergence dans un village et à une diffusion en tâche d'huile dans les communes voisines. De nos jours, une carte de répartition montre le noyau initial à partir duquel l'effectif décroît avec la distance (quelques dizaines de kilomètres). Le brassage imparfait de population ces dernières décennies a conduit à l'émergence de nouveaux noyaux principalement dans les villes, parfois dans les campagnes quand le phénomène est plus ancien avec souvent une variante d'orthographe et de prononciation (rappelons que nos ancêtres étaient pour la plupart illettrés, leur nom étant écrit par des clercs qui ne le connaissaient pas).

Dans cette catégorie, les patronymes sont nombreux, mais nombre d'entre eux apparaissent dans peu de communes. Ils pourraient disparaître par manque de descendance masculine. Dans ce type de situation, les familles portant le même nom, ou une variante, ont de grandes chances d'avoir un ancêtre commun. D'autres patronymes sont beaucoup plus représentés, comme Martin, Durand ou Richard. Il est possible ici que la naissance du nom ait eu lieu en plusieurs endroits différents. S'il s'agit d'un nom courant dans le dialecte ou la langue régionale, la coalescence des "tâches d'huile" conduit peu à peu à une superposition de leur répartition avec l'extension de cette langue.

L'héritage d'un patronyme suit les lois de l'hérédité du chromosome Y que transmet un père à son fils. Le suivi du patronyme, depuis le Code civil au moins, est un outil pour mieux comprendre les caractères des populations, ainsi que les migrations familiales, souvent de faible ampleur jusqu'au début du siècle. La multiplication de noyaux de diffusion dans le monde francophone montre une migration ancienne, et donc un profil social particulier (soldat, colporteur, etc.). Quant au brassage moderne des dernières décennies, il suit les orientations de la société nationale sur le plan géographique : des campagnes vers la ville, des montagnes vers les vallées et quasiment jamais le contraire, et sur le plan social car les alliances matrimoniales ont lieu encore souvent entre familles de même statut économique.

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L'ETAT CIVIL DE 1792 A NOS JOURS

Avant 1792, le clergé enregistrait les actes de baptême, mariage et sépulture. La constitution des 3 et 14 septembre 1791 modifia les fondements de l'ancien régime. Son article 7 déclare, notamment, que les naissances, mariages et décès de tous les habitants, sans distinction, seront constatés par des officiers publics. Réellement, c'est le décret des 20 et 25 septembre 1792 qui retire au clergé le soin de tenir les registres. En vérité, le clergé n'a jamais cessé d'enregistrer les actes de baptême, mariage et sépulture. Seules la nature des actes et l'autorité qui en assure le collationnement et la conservation ont changé. Les nouveaux registres de l'état civil commencèrent donc en 1793. Ils furent distribués dans les communes et certains directoires imprimèrent les textes des actes, ne laissant plus aux officiers publics que l'espace nécessaire à l'inscription des indications qui furent ainsi grandement limitées. Ces registres ont été utilisés jusqu'à la fin des années républicaines.

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LISTE DES PATRONYMES (origines)

A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z


B

BEAUMONT : toponyme très fréquent en France, mot-à-mot le beau mont, qui désigne un village construit sur un lieu élevé. Donc, personne originaire d'une localité portant ce nom.

BILLIART : deux possibilités sont généralement envisagées :1. Nom de personne d'origine germanique, BILIHARD (qui a donné aussi BILARD), formé avec les racines BILI = doux, aimable et HARD = dur, fort. 2. diminutif de ROBILLARD, qui est lui-même une forme affectueuse de ROBERT. Le nom est porté en Picardie (60, 80). BILL : nom porté en Alsace-Lorraine (68, 57). Semble correspondre au moyen haut allemand bil(le), qui évoque la taille des pierres. Sans doute le surnom d'un tailleur de pierre, d'un carrier. Autre possibilité : diminutif de Bilhard, nom de personne d'origine germanique (voir Billard).

BROUET : nom surtout porté dans les Ardennes. M.T. Morlet y voit un consommateur de brouet (sorte de potage). C'est possible, mais c'est loin d'être une évidence. Il faut de toute façon envisager un rapprochement avec Brouette (80), sachant qu'en ancien picard les formes apparemment masculines ou féminines sont interchangeables. Donc, dans les deux cas, il faut aussi penser à un conducteur de brouette (char à deux roues).


C

CHAMPS, DECHAMPS, DECHAMP : désigne celui qui est originaire d'un lieu-dit (le) Champ, (les) Champs. C'est dans le Puy-de-Dôme que le nom Dechamp est le plus répandu. La forme Dechamps se rencontre pour sa part surtout en Seine-Maritime et dans le Pas-de-Calais.

CHARPENTIER : il s'agit bien sûr d'un nom de métier dont le sens est suffisamment clair. Notons cependant que le latin carpentarius signifiait charron, mais le sens actuel est attesté dès le VIIIe siècle. Très fréquent en France, le nom se rencontre surtout à Paris, dans l'Aisne et dans la Marne. Diminutifs : Charpentreau, Charpenteau (85), Charpentron (16, 79).

CHAULIN, CHOLIN : surtout porté dans le Cher, correspond au métier de chaufournier (ouvrier qui travaille dans un four à chaux). Peut-être aussi toponyme : un hameau s'appelle Chaulin à Villeporcher (41).

CLÉMENT, CLIMENS : nom de baptême (latin Clemens = bon, pacifique). Plusieurs saints ont porté ce nom.

CRAPART : Nom surtout porté dans la Marne et la Seine et Marne. Variantes : CRAPARD, CRAPAT, GRAPARD. La dernière variante laisse penser à un dérivé du verbe graper (=saisir avec un crochet) qui a pu désigner un homme avide, éventuellement un avare. Si l'on considère que la racine est bien crap-, il faut peut-être envisager un lien métaphonique avec le crapaud (écrit d'abord crapot au moyen-âge, mais un changement de suffixe est très possible). Pour les noms voisins CRAPET, CRAPEZ (59 surtout), M.T Morlet envisage un surnom donné à un homme sale, mais là non plus rien de très certain.

CRÉTON :Le mot creton signifie en ancien français graillon. On peut donc penser à un sobriquet désignant un cuisinier. Le patronyme peut aussi désigner une personne originaire de Creton, village de l'Eure qui a donné son nom à la cretonne.

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D

DUPORT : le nom est surtout porté dans la Loire et dans les Landes. Il désigne celui qui est originaire d'un lieu-dit le Port, toponyme ayant le sens de col, passage en montagne.

DUTEIL, Dutheil : originaire du lieu-dit ou du village appelé le T(h)eil, toponyme désignant un bois de tilleuls ou un endroit où se trouve un tilleul. Le nom est fréquent dans le Limousin et les régions voisines, mais on le rencontre aussi dans l'Eure, ce qui est normal puisque plusieurs communes de Normandie s'appellent le Theil (Calvados, Manche, Orne, Eure). Ethymologie : latin tilium.

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F

FOUCART : Très courant dans le Nord et la Somme notamment, c'est un nom de personne d'origine germanique, Folchard (folc = peuple + hard = dur). Variantes : Foucard (45, 76), Fouchard (50), Fouchart (51). FOUQUART : autre forme de Foucart (voir ce nom) portée dans le Nord-Pas-de-Calais et l'Aisne. Variante : Fouquard (80).

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G

GIBAULT : Nom de personne d'origine germanique, Gibwald (giban = donner + waldan = gouverner). Le nom est surtout porté dans le Centre (36, 45). Variantes : Gibaud (87, 85, 16), Gibaut (77), Gibaux (76, 86, 10), Gibeau, Gibeaud, Gibeault (Limousin et Poitou-Charentes), Gibeaux (76).

GUYOT : Diminutif de Guy très fréquent dans toute la France. C'est dans le Morbihan et la Haute-Saône qu'il est le plus répandu, sans compter Paris. WIOT : Equivalent du Guyot, Guiot, diminutif de Guy, rencontré dans le Nord et en Alsace. Variante ou matronyme : Wiotte (Picardie). VIOT : Courant à la fois dans l'Ouest et dans l'Est, ce nom est une variante du diminutif Guyot, formé sur Guy (voir Guiu).

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L

LANGEVIN : Désigne celui qui est originaire de l'Anjou : Langevin. C'est évidemment dans l'Ouest que le nom est le plus répandu (14, 72, 44). Variantes : Langevain (28), Langeven (72), Langeuin (76). Matronyme : Langevine (37).

LEBLOND : Surnom donné à un homme blond. Nom surtout présent en Normandie et en Picardie. BLONCOURT : Nom porté en Guadeloupe. On pourrait certes penser à celui qui est originaire d'une localité appelée Bloncourt, mais ce toponyme n'existe apparemment pas, et la solution est tout autre, il faut aller dans les Caraïbes pour la trouver : au départ le comte de Moyencourt, originaire de Normandie, qui fut corsaire du Roi et devint par la suite pirate. Il eut des enfants avec une Caraïbe dont le nom était francisé : Mademoiselle Leblond. Etant noble, il n'eut pas le droit de l'épouser. Pour leurs enfants ils décidèrent de prendre la dernière syllabe de leurs propres noms, ce qui donna Bloncourt. Telle est du moins l'explication que j'ai trouvée sur Internet.

LEFORT : Surnom désignant bien sûr un homme fort. Outre la région parisienne, c'est dans le Maine-et-Loire et le Nord qu'il y a le plus de Lefort.

LELIÈVRE : Le nom désigne par sobriquet celui qui ressemble à un lièvre : la qualité ainsi exprimée n'est pas forcément la vitesse, mais plutôt la couardise.

LESAGE, LE SAGE : Désigne un sage, c'est-à-dire quelqu'un d'instruit, d'expert dans son domaine (a un peu le sens de savant).

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M

MARLIER : Il y a 2 origines au nom : - La première : Marlier vient de Marillier. Un nom surtout lorrain (54, 88) ou champenois (51), qui est une forme contractée de Marillier (diminutif de Marguillier ou secrétaire paroissial, qu s'occupait des comptes de la paroisse, parfois dénommée "fabrique", comme cela existe encore actuellement en Belgique). Il existe un représentant actuel de cette fonction qui est millénaire ! On le rencontre également dans l'Aisne, où il peut avoir, comme Marlière, un sens différent : toponyme évoquant une marnière (gaulois *margilo, ancien français marle = marne, argile). - La seconde tire ses origines dans la nuit des temps. Marlière vient de Marle, Marla qui veut dire Marne. Le nom désigne ainsi une terre, une carrière de marne qui servait à améliorer la qualité des champs agricoles. On a recensé environ 150 lieux-dits qui ont pu donné autant de branches "spontanées". Ces familles se retrouvent essentiellement dans le Nord, le Hainaut et les Vosges et ne se sont dispersées qu'à l'époque moderne. Impossible de retracer une migration : dans ces 3 régions, le patronyme est déjà très implanté dès avant 1600 : les archives antérieures sont très difficilles à trouver. Il est probable que ces implantations datent d'avant 1200, car les quelques noms trouvés entre 1200 et 1600 montrent là aussi une large dispersion. Le plus viel ancêtre connu est un chevalier Marlière de 1100. Les variantes du nom sont extrêment nombreuses : il faut ajouter en effet les marlair du hainaut, les Marlow, marloye d'angleterre et beaucoup beaucoup d'autres. Sans compter les particules devant le nom : de, des, de le, de la, del,.... bref la généalogie est un puits sans fin ... et passionnant.

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P

PELLETIER : Celui qui fabrique ou vend des peaux, des fourrures. Nom très porté dans toute la France, c'est dans la Saône-et-Loire qu'il est le plus répandu. PELTIER : Forme contractée de Pelletier (voir ce nom). On trouve beaucoup de Peltier dans l'Est.

PÉPIN, PEPIN : Nom de famille très courant. C'est en Savoie qu'il est le plus répandu, mais on le trouve aussi dans le Nord et en Normandie notamment. Il s'agit d'un nom de personne d'origine germanique, Pipin (de formation onomatopéique), popularisé par le père de Charlemagne. Diminutifs : Pépineau, Pépinot.

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R

RAGOT : Sans doute un diminutif de Rague, nom de personne d'origine germanique, Rago (ragin = conseil).

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S

SOYER, SOYEZ : Il s'agit le plus souvent d'une variante de Sohier, nom de personne d'origine germanique (voir Séguier pour le sens). Dans certains cas, c'est cependant un nom de métier, variante de soyeur, soyeux (= scieur de long), ou encore ouvrier travaillant la soie. Le nom se rencontre essentiellement en Belgique, dans le Nord-Pas-de-Calais et la Somme.

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